Les qualités indispensables pour devenir chef d'entreprise

19/12/2019

Efficacité personnelle - Quelles sont les qualités humaines à renforcer ou acquérir des entrepreneurs ? Il faut du caractère, de la créativité, de l'enthousiasme...

Etes-vous fait pour le métier d'entrepreneur, en avez-vous les prérequis ? Il serait normal, qu'avant de vous précipiter vers l'inscription de votre future société au registre du commerce , vous vous posiez cette simple interrogation : avez-vous le profil du chef d'entreprise ?

Après tout, on ne devient pas pianiste, footballeur professionnel, chirurgien, notaire tout à fait par hasard. Pour y arriver, il faut avoir des compétences... Compétences acquises par une formation spécialisée . Mais dans le cas d'un « entrepreneur », est-ce suffisant ? Un master en économie, un diplôme d'école de management ou de gestion, un DUT techniques de commercialisation ou un CAP pour les artisans sont-ils les seuls passeports possibles pour se lancer ? A l'évidence non.

Du caractère et une envie de se réaliser

Il suffit d'observer la variété des parcours des dirigeants que nous côtoyons pour comprendre qu'au-delà de certaines qualités « techniques », il y a quelque chose de plus fondamental. C'est ce qu'on nomme souvent le « caractère », les qualités humaines. Mais comment décrire plus précisément la spécificité de ce « caractère » propre et commun à tous les dirigeants ? A la racine de la psychologie de ceux et celles qui veulent exercer le métier de chef d'entreprise, il y a d'abord le désir farouche d'indépendance, de ne pas dépendre de qui que ce soit, et surtout pas d'un « supérieur » hiérarchique. Seul maître à bord est leur première motivation.

Vient ensuite l'envie de « se réaliser », de projeter quelque chose de soi, de grand, qui vous dépasse et vous entraîne et ce, quelles que soient les difficultés présentes et à venir. Le « patron » est un imaginatif qui, sans cesse, souhaite créer un nouveau « jouet ». Dans sa psychologie consciente et inconsciente, l'entrepreneuriat fonctionne comme un rêve d'enfant devenu réalité.

Optimiste et enthousiaste

L'entrepreneur est un « joueur » qui se plaît à se défier lui-même et à braver les obstacles. Mais qui dit joueur, dit aussi prise de risque. Un chef d'entreprise a le goût du risque et ne recule pas devant l'inconnu. Il est capable de surmonter sa peur , car il croit dur comme fer à sa bonne étoile et reste persuadé, toujours, de réussir. C'est un optimiste. Mais chez lui, l'optimisme ne doit pas être béat, car cela le conduirait rapidement à la chute. Il doit être ce que j'appelle un « rêveur éveillé », c'est-à-dire un individu qui, en toutes circonstances, garde les pieds sur terre. Il sait « compter » au sens propre et au sens figuré : il apprécie la situation à sa juste mesure, et sait anticiper le résultat comptable de son action.

Si les vents lui sont contraires, il dispose d'une qualité fondamentale pour ne pas sombrer : il est résilient. Cela veut dire qu'il ne se laisse jamais abattre, toujours prêt à rebondir et à transformer son échec en nouvelle rampe de lancement ! Et pour ce faire, il est capable de prendre des décisions à tout moment. C'est un « decision maker » qui n'a aucune appréhension à faire un choix, même en avenir incertain.


En résumé, l'entrepreneur est un créatif, mais ce n'est pas un artiste, car il inscrit son projet dans le concret, dans le dur, dans l'accomplissement tangible... sans états d'âme. Il est, avant toutes choses, un réalisateur individualiste. Il se lève tôt, c'est un « self starter » comme le disent les Américains, ce qui signifie qu'on n'a pas besoin de lui indiquer le chemin et la méthode pour avancer.

Enfin, le chef d'entreprise est un entraîneur, c'est-à-dire quelqu'un capable de faire preuve d'enthousiasme et de le communiquer à ses troupes. Une qualité humaine qui peut le rendre parfois paternaliste, tel un pater exigeant mais protecteur.

Compétences : la règle du 12/20

Un dirigeant de PME doit donc savoir tout faire, car c'est une sorte de chef d'orchestre capable de jouer de tous les instruments. Je parle souvent de la règle des 12/20. Cette règle signifie qu'un dirigeant indépendant ne peut pas se permettre d'être totalement hermétique à la comptabilité, incapable de répondre à un client mécontent, en panique quand il faut recruter ou se séparer d'un collaborateur, en difficulté pour négocier un contrat avec un fournisseur, peu à l'aise vis-à-vis de ses commerciaux, malhabile pour définir un tarif, paniqué à l'idée de présenter son entreprise en public , dépourvu d'imagination pour définir la stratégie à moyen terme, effrayé de demander une ligne de trésorerie à son banquier, déstabilisé par un contrôle fiscal...

En bref, un « patron » ne doit pas avoir de « trou » de compétence. Il a nécessairement un point fort, un domaine où il excelle, mais, en aucun cas, il ne doit souffrir d'un point totalement faible. Car dans ce cas, il ne contrôlera plus efficacement la marche de l'entreprise qui constitue un tout parfaitement emboîté. Il faut donc pouvoir être compétent à 12/20 minimum dans chacune des grandes fonctions de l'entreprise.